mercredi 7 février 2018

Bloub.

Bon, ne dites rien, nous en sommes conscients : ce blog est légèrement en retard... très légèrement! 

Il s'est passé tellement de choses depuis l'été dernier... divers voyages à travers le Québec, un week-end à New-York, deux semaines extraordinaires au Mexique, des nuits au bord du Pacifique, dans des bulles dans la forêt ou dans d'incroyables chalets, des randonnées à pied et en canot, des bélugas, des tortues, des iguanes et des ours, des gens merveilleux, partout, tout le temps, et puis des couleurs, surtout - de l'automne canadien à la Fête des Morts mexicaine! 

Nous sommes rentrés en France pour Noël et avons tout de même eu la chance de (presque) tous vous revoir ; nous avons pu vous raconter bon nombre d'histoires, d'aventures insolites, de petites anecdotes et de moments magiques. 
Peut-être prendrons nous le temps un jour ce consigner tout cela sur ce blog, ne serait-ce que pour vous montrer quelques photos. En attendant, nous avions envie de partager avec vous une petite expérience purement québécoise, une journée magnifique que nous avons particulièrement aimée... Parce que oui, nous découvrons encore beaucoup de belles choses! 

Début janvier, nous avons donc eu la visite de trois amis : Marvin, Kevin et Adeline. Adeline, qui est par ailleurs déjà venue cet été, et qui, après mûre réflexion et dix jours ici, a décrété que l'hiver était encore plus génial (au cas où vous en doutiez encore!)
Nous avons fait les inévitables (et non moins géniales) visites au lancer de haches, aux glissades sur tube (luge sur chambres à air), aux restaurants de poutine... Mais nous en avons également profité pour tester la pêche blanche, ou pêche sur glace!



Rendez-vous donc au parc écologique de la rivière des Mille Îles, au Nord de Montréal. On y accède par la petite ville de Ste Rose. Là, au bord de l'eau, un centre d'accueil et une patinoire ; et, sur la rivière gelée, entre les îles, quelques petites cabanes en bois colorées. C'était particulièrement joli! 
(à noter qu'à l'accueil, on vous prête un traîneau - en fait, une grosse luge - pour charger vos affaires et les traîner jusqu'à votre cabane. Vraiment rigolo!)



Notre cabane au Canada
(avec le traîneau sur le côté)

Pour un tarif plus que raisonnable (100 dollars la journée), vous avez alors accès à un "chalet" en bois pour la journée (jusqu'à six personnes), des raquettes si vous désirez aller randonner sur les îles ou sur la rivière, des patins à glace, mais aussi... votre propre "instructeur"! En l'occurrence, Mickaël, un Québécois absolument adorable ayant à peu près notre âge. Après avoir percé dix trous pour nous dans la neige à l'aide d'une tarrière (bim, la moitié d'entre vous vient d'apprendre un mot), il a mis le matériel en place et nous a tout expliqué, des appâts à la technique de pêche, en passant par la faune locale. Ce qui est bien, c'est qu'il nous laisse tout de même assez seuls, ne passant que de temps en temps pour voir si tout se passe bien ; surtout, il est là pour nous aider à vider et à préparer le poisson en fin de journée! Bref, un forfait très complet et franchement bien pensé.





La fameuse tarrière!

Il a neigé toute la journée, et le vent était assez fort. Bref, des conditions un peu difficiles quand les trous sont à l'extérieur, et pas dans la cabane... mais nous étions très fiers de nous et de nos aptitudes de coureurs des bois, haha!
Quand le froid devenait trop intense pour les extrémités (dur dur pour les mains et les pieds), hop! Un petit tour dans la cabane, pour se réchauffer auprès du poêle. 



La cabane qui, soit dit en passant, était bien faite : hormis le poêle, on y trouve une table, des bancs mais aussi différents posters et brochures contenant plein d'explications sur la pêche, la faune et la flore locale, mais aussi l'hypothermie ou l'épaisseur de la glace...!



La matinée a commencé sur les chapeaux de roue, avec la capture, par Mickaël, d'un necture : une sorte de salamandre, dont vous pouvez trouver la description ici : http://espacepourlavie.ca/faune-biodome/necture-tachete




Après l'avoir tous salué (oui, nous sommes polis, nous lui avons serré la patte et tout), nous l'avons remis à l'eau (glaciale!)... puis... rien. Rien! De toute la matinée. Dur dur... 
Ce n'est pas faute de nous être appliqués! Accroupis au bord de nos trous, nous surveillions nos lignes, agitions nos appâts (de petits poissons morts - c'est en effet interdit de pêcher avec des poissons vivants), nous veillions à bien enlever la glace qui se formait rapidement à la surface (à l'aide d'une sorte de grosse louche), et surtout, nous ne lâchions pas nos brimbales des yeux! (la brimbale, c'est la potence sur pivot qui fait office de canne, et qui penche en avant si un poisson mord). Mais rien. Quelques touches, mais rien de concret...




Nous avons pique-niqué au coin du feu dans notre petite cabane, en ne quittant pas les lignes des yeux. Elles étaient désespérément immobiles... 

Et puis, après manger, Marvin décide d'aller faire un tour dehors. Il a l'impression qu'un des fils bouge, alors il l'attrape pour voir, et sent comme un gros poids au bout... il se met donc simplement à tirer et sort un énorme brochet de cinquante centimètres. Paf, comme ça!
Marvin était bien sûr le seul d'entre nous qui n'avait jamais pêché et, ironie du sort, c'était également celui que l'activité motivait le moins! La chance du débutant, comme on dit...




Nous l'avons mis, sur les consignes de Mickaël, dans notre seau (le brochet, pas Marvin, hein), avec un peu de glace (mais pas trop : il fallait qu'on puisse le découper en fin de journée, donc qu'il ne soit pas congelé). 
Environ une heure plus tard, Kevin a réussi, à son tour, à sortir un poisson: une belle perchaude! (une perche, en fait, avec sa nageoire dorsale piquante caractéristique). 

Et ce furent malheureusement nos deux seules prises de la journée - Adeline ayant pourtant longuement tenté, avec Mickaël, d'attraper un poisson particulièrement taquin. (non, vous ne me ferez pas dire que Mickaël a longuement joué avec le trou d'Adeline!)
Nous étions heureux pour les garçons : nous, nous pouvons y retourner, nous aurons d'autres occasions. Un peu déçus pour Adeline, forcément, mais nous ne doutons pas qu'elle reviendra une troisième fois (ne serait-ce que pour goûter la poutine aux macaronis que nous avons découverte hier, mais ceci est une autre histoire)!
Et puis, sur les quatre animaux dont on nous avait parlé (l'amphibien, et trois espèce de poisson), nous en avons eu trois. Le prof de bio qui sommeille en nous était donc très content!

En fin de journée, comme promis, Mickaël nous a montré comment préparer les poissons, et nous sommes repartis avec de beaux filets. 
C'était facile pour la perchaude (chlak, tête tranchée, puis hop, on l'ouvre en deux et on prend les filets, normal), mais assez compliqué pour le brochet, qui a vraiment des arrêtes dans tous les sens. Et le pauvre est resté vivant jusqu'au bout (et je peux vous dire que lui, on ne lui a malheureusement pas coupé la tête...). 



Pour l'anecdote, des enfants curieux qui passaient par là avec leur famille ont demandé à assister à tout cela avec nous. L'histoire ne dit pas s'ils en rêvent encore la nuit, mais en tous cas, le petit (qui parlait allemand) répétait beaucoup le mot "tote" (mort, donc), ce à quoi nous répondions rapidement "oui oui oui il est mort t'inquiètet pas!" avant de détourner rapidement le regard d'un air gêné...

Bref, même en tenant compte du paragraphe précédent, ce fut une très belle journée, et nous avons hâte d'y retourner et de pêcher... ouhla, au moins 3 poissons! 





NB : le brochet, c'est vraiment délicieux, en fait.

jeudi 12 octobre 2017

Thanksgiving, baby!

Lundi dernier, le Canada célébrait Thanksgiving ou, comme on dit en québécois, l'Action de Grâce!
Comme dans les films, mais avec un mois d'avance sur les Américains.

C'est un jour férié ici, et notre ami Wikipédia l'explique ainsi : "L'Action de grâce est une fête canadienne ayant lieu le deuxième lundi d'octobre pour célébrer les récoltes et rendre grâce des bonheurs reçus pendant l’année. La date est fixée par une proclamation du Parlement canadien du 31 janvier 1957 créant « Une journée pour rendre grâce au Dieu tout-puissant des récoltes abondantes dont jouit le Canada ».
L'équivalent américain de l'Action de grâce est la fête de Thanksgiving, célébrée en novembre."

Hors de question de fêter notre premier Thanksgiving tous seuls! Nous avons profité de l'occasion pour réunir des amis et cuisiner un peu...

Justement, nous hébergeons actuellement nos amis Pitt et Natalia ; ce furent nos voisins du dessus jusqu'au premier octobre, date à laquelle ils ont dû rendre leur appartement. Ce sont eux qui se marient au Mexique! Mais leur billet d'avion n'étant que pour le 15 octobre, ils restent chez nous en attendant. Nous avons donc cuisiné ensemble toute la journée, ce qui était plutôt génial car, hormis le fait qu'ils sont très doués, nous avons des cultures et des réflexes culinaires différents. Les plats n'en sont donc que meilleurs!

Première étape, préparer la citrouille que nous avions achetée pour l'occasion (et que nous allons garder et décorer). Alors ce qu'il faut savoir, c'est qu'avec l'Halloween qui approche, c'est la folie de la citrouille à Montréal! Au marché Jean Talon, on ne fait pas les choses à moitié :


Natalia se laisse tenter!






Au supermarché, on trouve même de la bière à la citrouille!

Nous avons opté pour une sympathique cucurbitacée de neuf kilos (oui, on l'a pesée). A seulement 4 dollars!! 
Et pour enlever les restes de terre, on a fait comme on a pu!




On l'a creusée, avons gardé la chair pour en faire une tarte, mais avons aussi gardé les graines. Pitt nous a en effet montré comment les préparer : grillées à la poêle avec du sel et du poivre, elles se dévorent ensuite comme des chips... et c'est vraiment délicieux! La citrouille, c'est comme le cochon en fait : dedans, tout est bon!

Et étant donné qu'on est nuls en quantité, on s'est retrouvés avec quatre tartes, bien sûr.

On a choisi de ne pas acheter de dinde : ça met mille ans à cuire et on savait qu'on ne s'en sortirait pas avec un seul four. Nous avons donc opté pour deux poulets bien dodus, que nous avons tout de même fourrés comme il se doit (c'est Thanksgiving, oui ou non?)... Pitt nous a donc concocté une merveilleuse purée de courge musquée. C'est une courge verte foncée, presque noire, au goût poivré, très différente de la citrouille orange. Tout ça débordait un peu, et on a réussi à fermer l'arrière-train de notre poulet avec un magnifique système à base de cure-dents et de pommes de terre (nous sommes aussi les McGyver de la cuisine, haha)!



Pour la soirée, nous avons ensuite été rejoints par Geneviève et Arthur (nos amis mais aussi nos... anciens voisins du dessous!), ainsi que par Adrien, un ami français arrivé il y a un mois pour une conférence... et qui n'a pas réussi à repartir!

Et voilà donc le menu définitif : 
Poulet farci à la courge musquée, avec sauce aux cèpes et patates douces au four ; 
Salade verte avec noix, fêta et canneberges séchées ;
Comté, précieusement gardé au congélateur depuis la visite d'Adeline cet été ; 
Tarte à la citrouille et chantilly maison.
Le tout copieusement arrosé de cinq bonnes bouteilles de vin généreusement apportées par nos invités.







On est encore en train de digérer mais honnêtement, c'était sublime. On était vraiment fiers de nous, et on espère que cela vous donnera quelques nouvelles idées recette!

JOYEUX THANKSGIVING A TOUS! 
(après tout, on a toujours une bonne récolte à célébrer, haha)

La photo bonus : depuis que Geneviève lui a appris,
Marc est devenu le roi de la crème fouettée!


mercredi 27 septembre 2017

AMERICA, FUCK YEAH!

(Cet article a été écrit il y a maintenant trois semaines, hum... Nous ne trouvons le temps de le relire et de le poster que maintenant - une précision importante, sachant que Montréal subit une canicule spectaculaire depuis plus d'une semaine, haha!)


Dimanche après-midi. Il pleut sans discontinuer (nous recevons visiblement les restes de l'ouragan Harvey, qui a ravagé le Texas il y a peu). Quelle meilleure excuse pour aller écrire au café Starbucks tout en dégustant un latte à la citrouille épicée? (j'ai dit oui pour la chantilly, mais c'est vraiment parce qu'il pleut, hein...)

Quel été, les amis, quel été! Ca a été FOU. Il était temps de vous donner quelques nouvelles et de vous raconter nos péripéties - je vais essayer d'être concise!

Nous avons donc bien travaillé en juin ; Marc sur les festivals, et moi, sur YouTube (comme depuis deux ans, ça n'a pas changé) et au centre-ville (petit coup de main dans une boutique).
Le travail de Marc se terminait le 13 juillet. Or, début juillet, mon amie Stéphanie, de Dijon (coucou si tu me lis!) était de passage à New-York. Stéphanie, que j'ai connue au lycée (cela fait quinze ans ce mois-ci)! Steph, quoi, dont nous étions au mariage il y a pile un an! Bref, pas une connaissance de passage : une amie très chère, qui me manquait beaucoup, et qui allait être sur le même continent que moi... (oui, je me justifie!)
Après une longue réflexion, j'ai fini par acheter un aller-retour en bus, et je suis allée la rejoindre trois jours. Cela a ouvert le bal des voyages de l'été... et cela a été le début des aventures américaines!

Le 3 juillet, j'ai donc pris un bus pour New-York, depuis le centre-ville de Montréal. Avec les arrêts, cela met environ 8h. La frontière est à une soixantaine de kilomètres de Montréal seulement ; on y passe une heure, les douaniers étant tout aussi impitoyables que pour une arrivée en avion (interrogation en bonne et dûe forme, prise des empreintes digitales...). On marque ensuite une escale dans la ville d'Albany, dans l'état de New-York, puis on arrive enfin à Manhattan - le bus dépose les passagers en plein centre-ville ; on est immédiatement sur Broadway, dans les néons, le bruit, la fureur, et l'inimitable, merveilleuse ambiance de la Grosse Pomme!
Il faisait BEAUCOUP plus chaud qu'à Montréal! Je me suis rendue à pied à mon hôtel, sous une chaleur tropicale, en traversant donc Broadway et toutes les avenues (5ème, Madison...). C'était merveilleux et OUI, d'accord, je culpabilisais vis-à-vis du pauvre Marc, resté à Montréal pour travailler.
J'ai retrouvé Stéphanie le soir-même (elle était accompagnée de son amie Joanna, que je connaissais également ; elles aussi avaient lâchement abandonné leurs moitiés). Nous avons célébré nos retrouvailles en buvant un verre sur le toit de l'hôtel "1", au pied du pont du Brooklyn. C'était surréaliste, grandiose, et terriblement cinématographique!





Nous nous sommes retrouvées le lendemain matin à Coney Island. Coney Island, c'est au tout au bout de Brooklyn, à une heure de métro de Manhattan ; c'est la plage (oui!), avec sa promenade en bois qui longe le sable, et surtout la célèbre fête foraine que l'on peut voir dans tant de films. Nous avions pensé que ce serait l'endroit idéal pour y célébrer le 4 juillet, la fête nationale.
Ce qui est drôle, c'est que nous y étions toutes les trois déjà allées, mais hors-saison ; l'endroit est alors désert et la fête foraine est très fantomatique. Là, c'était... différent! Il y avait des milliers, des dizaines de milliers de personnes. Nous pouvions à peine circuler!

Nous avons eu la chance (euh) d'assister au grand évènement annuel : le concours de hot-dogs, organisé par le célèbre restaurant Nathan's. Les candidats ont dix minutes pour avaler le plus de hot-dogs possible, et c'est tout sauf une dégustation... Ils trempent les hot-dogs (une saucisse dans du pain, rien de plus) dans de l'eau et de l'huile pour les ramollir et les faire glisser! Visuellement, ça s'assimile presque à de la torture, mais c'est... typique, on va dire! Le public était déchaîné et scandait des "USA! USA!"... C'est finalement le grand favori, Joey Chestnut, qui l'a emporté : il a battu son propre record et a engouffré 72 hot-dogs en dix minutes. Aux dernières nouvelles, je crois qu'il est encore vivant!




Nous avons fait un tour de grande-roue, ce qui nous a permis de constater l'ampleur de la marée humaine... on ne voyait plus un mètre carré de plage. Mais il n'y avait pas beaucoup de touristes et nous étions heureuses d'être entourées de vrais Américains!
Nous avons terminé la journée à Dumbo (un quartier de Brooklyn), assises au bord de l'eau sous le Manhattan Bridge, pour regarder le feu d'artifice... avant de manger un hot-dog, bien sûr!
(la vraie histoire, c'est que nous avons trouvé un très beau restaurant au bord de l'eau ; mais le top-model de l'entrée, après nous avoir détaillées de la tête aux pieds, a décidé de ne pas nous laisser rentrer. Voilà... moi, je pense surtout qu'elle avait peur qu'on lui fasse de l'ombre!)





Petit détour par Times Square pour rentrer à pied à l'hôtel
(bizarrement, pas envie d'aller me coucher)

Le lendemain, après une dernière balade, Steph et Joanna sont retournées prendre leur avion. J'en ai profité pour aller flâner dans Central Park, avant de me rendre à mon dernier rendez-vous New-Yorkais : un dîner avec Shelly.



Je connais Shelly depuis très longtemps ; ce devait être 1999... Nous étions fans du même groupe et nous étions devenues "correspondantes", comme on disait alors. Elle habitait en Floride, j'habitais à Dijon. Nous nous sommes envoyé des centaines de lettres, cartes, emails, colis, cadeaux, mais nous ne nous étions jamais ne serait-ce que parlé au téléphone! Maintenant, elle vit dans le Queens (un des cinq quartiers de New-York, avec Manhattan, Brooklyn, le Bronx et Staten Island) et travaille sur Manhattan... à deux pas de mon hôtel! Nous nous sommes donc ENFIN vues.
C'était bizarre et génial à la fois, on se connaissait depuis toujours et en même temps, on s'extasiait sur notre taille ou le timbre de notre voix... Nous avons parlé de tout, de tourisme et de cinéma comme de racisme et de politique. Une soirée délicieuse. Une vraie soirée new-yorkaise, dans un petit quartier loin des touristes... bref, je ne regrette pas d'avoir sauté dans le bus!
Shelly m'a raccompagnée à la gare (mon bus était vers minuit) et je suis rentrée à Montréal, où j'ai croisé Marc qui partait travailler à 6h du matin. Honte à moi!
(c'est bon la honte).



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Le lundi 10 juillet, nos premiers visiteurs sont enfin arrivés! Il s'agissait de Déborah et de son fiancé Thomas, que j'ai tout d'abord récupérés à l'aéroport vers 14h.
Pour ceux qui ne la connaissent pas, j'ai connu Déborah (coucou à ton tour!) à Paris : elle est maquilleuse, c'est la reine des effets spéciaux, et c'est elle qui a fait la plupart de mes projets audiovisuels.
Nous avons attendu à l'aéroport et, à 16h, nous avons récupéré le numéro 3 : Adeline!
J'ai connu Adeline quand je l'ai embauchée pour jouer dans mon premier court-métrage, en août 2010, et c'est ma comédienne attitrée (A MOI!) - elle est également dans une bonne partie de mes projets. C'est le clown de la bande (coucou Godard si tu me lis)!
Accessoirement, ce sont tous les trois des amis fantastiques et nous ne tenions plus en place, c'était trop dur d'attendre qu'ils arrivent!




Après deux jours à Montréal, chez nous, nous avons loué une voiture pour partir en voyage. C'était une Dodge Caravan, un truc immense et absolument génial, dans lequel on avait une place folle (et automatique : j'ai pu essayer de conduire dans une impasse, haha!)

Nous sommes tout d'abord allés du côté de Québec. Nous avions loué une chambre chez Lise, une Québécoise absolument charmante d'une soixante d'années, qui vit seule dans une immense maison à l'américaine ; on se serait crus à Wisteria Lane, la rue de la série "Desperate Housewives"! Le premier jour, nous sommes allés randonner et surtout faire du canoë dans le parc national de la Jacques Cartier (c'est le nom de la rivière qui traverse le parc, d'où l'usage du féminin). Mon premier parc national! Nous avons vu notre premier castor (woohoo!) et nous avons survécu à la grande menace canadienne : le maringouin (moustique). Merci au spray toxico-magique! Après un verre au grand hôtel de Wendake (la réserve indienne... enfin, amérindienne... enfin, l'endroit où il y a des natifs, quoi!), nous avons terminé la journée dans la piscine (chauffée) de Lise.





Le lendemain matin, vendredi 14 juillet, nous sommes allés visiter la ville de Québec, et nous avons surtout récupéré Marc, qui venait de terminer son travail et avait pris un bus pour nous rejoindre! Tous ensemble, nous avons pique-niqué aux chutes Montmorency, avant de prendre la route pour les Etats-Unis.

Voici donc l'itinéraire que nous avons suivi sur dix jours : depuis Québec, nous avons rejoint Portland, sur la côte Atlantique, en passant par le fin fond du Maine (il faut imaginer une route unique, sans bifurcations pendant une centaine de kilomètres, au milieu d'une forêt infinie! Nous y avons d'ailleurs enfin vu... ta-dah... UN ORIGNAL! Le fameux dinosaure à bois que nous autres, Français, appelons à tort un caribou).
Dans le Maine, nous avons visité Portland, mais aussi les stations balnéaires d'Ogunquit et Old Orchard. Puis nous sommes descendus le long de la côte jusqu'à Boston... avec un arrêt à Salem, la ville des sorcières! Après quoi, nous avons continué à descendre : nous avons contourné New-York (une heure d'autoroute qui fait littéralement le tour de Manhattan, avec la skyline qui nous nargue et nous appelle) pour arriver à Philadelphie. De là, nous sommes allés visiter le comté de Lancaster, en Pennsylvannie, pour rendre visite aux Amish! Et nous avons continué à descendre pour atteindre Washington DC, notre objectif final.
Tout cela constitue ce que l'on appelle la Nouvelle-Angleterre, et c'est un remède idéal à l'anti-américanisme primaire dont font souvent preuve les Français! C'est un délice d'histoire, d'architecture, de culture et même... de gastronomie! Oui - la cuisine américaine, comme on l'a déjà dit, est loin de se limiter au hamburger. Et puis bon, ce n'est pas la partie qui a voté pour Trump...
Sans compter que, comme au Canada, nous avons été extrêmement bien accueillis. C'est peut-être hypocrite mais les Américains sont tout de même particulièrement gentils, joviaux et amicaux. Nous n'avons jamais eu l'impression d'être seuls!
Bref - un voyage extraordinaire. Et chaud : encore une fois, il faisait bien plus chaud qu'au Canada. Qui savait que Washington était sous un climat sub-tropical humide? Nous avons aussi visité Philadelphie sous un ressenti de 40 degrés, qui ont poussé Adeline à sauter dans une fontaine!

Je ne vais pas entrer dans les détails, cet article est déjà bien trop long. Mais pour résumer en quelques moments clés...

PORTLAND : une adorable petite ville (enfin... c'est la plus grande du Maine, en fait). Pour les bibliophiles, sachez que c'est là où est né Stephen King (qui réside toujours dans cet état, où se déroulent d'ailleurs la plupart de ses romans)! Nous avons prix un bateau pour faire le tour des îles qui l'entourent et avons notamment pu voir le célèbre phare de Cap Elizabeth. Mais surtout, nous y avons dégusté du homard! Il y a tellement de homard dans le Maine, à vrai dire, qu'on en mange même en sandwich à McDonald's (et c'est plutôt bon, bizarrement). Le premier coup de coeur du voyage, sans compter que nous avons dormi dans un gîte complètement fou : une grande bâtisse très ancienne, de type maison hantée. Notre hôte, Casey, avait notre confort très à coeur et nous a chouchoutés (nous avons eu droit à des gaufres au bacon - oui oui - le dimanche matin!)







Mon premier homard! Pour moins de 20 dollars l'assiette...
(et j'ai réussi à le décortiquer comme une grande)



SALEM : le pays des sorcières, où les célèbres procès ont eu lieu au dix-huitième siècle. Maintenant, c'est surtout une banlieue cossue de Boston, mais la balade est charmante et surtout, on y trouve des tonnes de choses rigolotes : musées, boutiques de sorcellerie en tout genre, et même un magasin de baguettes magiques... On ne regrette pas d'avoir fait le détour!


Une des plus vieilles maison des Etats-Unis,
qui se trouve aussi être la maison du juge des procès!



BOSTON : deuxième grand coup de coeur. Une ville très européenne dans l'âme, un gros melting-pot avec une forte concentration d'Irlandais et d'Italiens! Nous avons d'ailleurs passé une soirée géniale dans le quartier italien, où nous avons pu déguster les célèbres cannolis géants de Mike's Pastry, assis dans un parc face aux gratte-ciels et au port tout illuminés... La ville est magnifique, très agréable, et nous avons passé des heures à l'arpenter à pied avec bonheur. Cerise sur le gâteau : un détour par les campus d'Harvard et du MIT, dans la ville voisine de Cambridge (comme en Angleterre, oui). Au-delà de la balade, très intéressante, nous avons eu le plaisir d'y retrouver notre amie Saghi, qui est désormais au MIT (elle y travaille sur des tissus humains artificiels). Pour rappel, Saghi est Iranienne et c'est l'ancienne colocataire de Katia, dans la maison en Belgique!
Elle nous a emmenés dans un restaurant génial mais où Adeline et moi n'avons pas eu le droit de boire : nous n'avions pas nos pièces d'identité avec nous. Alors qu'on était les plus vieilles, haha! Quelle insolente jeunesse.


La "Massachusetts State House", dont le dôme a par ailleurs
inspiré le Capitole!


BRATTLE BOOK SHOP :
une extraordinaire librairie d'occasion dans une ruelle,
à ciel ouvert... un endroit magique!

Avouez que vous ne saviez pas que Boston était un port!



La statue de John Harvard, le fondateur de :
a) McDonald's
b) l'Université d'Harvard
c) les frites McCain
(toucher son pied droit porterait chance)


Avec Saghi, qui comme nous, est docteur en nano-biotechnologies.



PHILADELPHIE : une ville chargée d'histoire... c'est notamment là qu'a été signée la Déclaration d'Indépendance! C'est assez impressionnant de marcher dans les rues et de penser à tout ce qui s'y est passé (un sentiment qu'on a pas forcément souvent, aux Etats-Unis). Il y régnait une chaleur torride! C'est une ville assez grande mais qui se fait tout de même bien à pied ; je crois qu'on a rarement autant sué! La spécialité locale, le Philly Cheesesteak, n'a pas aidé : imaginez une baguette de pain (américain) coupée en deux, tartinée de fromage jaune et liquide (en bouteille...), généreusement garnie de boeuf émincé et d'oignons. Ca réchauffe...
Nous étions logés dans un quartier disons... peu touristique, haha, et nous avions l'impression d'être de vrais locaux. Pour ne pas dire des gangsters!




La prison de Philadelphie!
(bon, d'accord, maintenant c'est un musée)

La Liberty Bell, pour laquelle
tous les Américains font le déplacement!

Adeline avait trop honte d'avoir sauté dans la fontaine...

Philadelphie est également renommée pour ses
fresques murales...

Le fameux Philly Cheesesteak. Bon appétit!


C'est là qu'elle a été signée, on vous dit!


COMTE DE LANCASTER : au sortir de Philadelphie, après deux heures de route au milieu des champs de maïs, nous voilà au coeur du pays Amish! Assez incroyable à voir, surtout les calèches sur la route, au milieu des voitures... Nous pensions atterrir dans des villages minuscules et sommaires, type "Docteur Quinn", et en fait, pas du tout. Le mode de vie américain a complètement envahi les terres Amish, et rien ne distingue à priori les lieux d'une campagne américaine "normale" : stations service, supermarchés, boutiques... Mais on remarque les calèches. Les Amish (ah, l'ineffable coupe de cheveux masculine). Les endroits pour "garer" son cheval à l'arrière des magasins. Les boutiques qui vendent des trottinettes (les Amish n'ont pas droit au vélo, qui facilite trop la vie, mais la trottinette est autorisée! Ils se déplacent donc sur des sortes de vélos sans pédales...). Complètement surréaliste! Nous avons visité les villages de Strasburg (où nous avons dégusté une bonne glace au lait Amish - la production laitière est leur spécialité), et d'Intercourse (ce qui signifie tout de même "rapport sexuel" en anglais, c'est drôle). Un détour que l'on ne regrette pas - c'était fou!


Le parking à chevaux et surtout, des instructions dans la langue des Amish,
sorte de vieux dialecte allemand (et il semble bien que cela signifie
"Merci de ramasser le caca de votre cheval"!)


Deux flics Amish-Amish.




WASHINGTON, DC : ah, Washington... cette ville vous donne envie d'être beau, riche et intelligent, et de travailler par exemple pour un grand journal. C'est grandiose! Nous avons loué des vélos et avons sillonné le centre avec délice tout l'après-midi, toujours sous une chaleur insoutenable, à raison d'une bouteille d'eau tous les vingt mètres. Mais quel BONHEUR! Du Capitole au Lincoln Mémorial, en passant par tous les musées (gratuits!), la Maison Blanche ou encore le Washington Monument (la grande obélisque) et son reflet dans le miroir d'eau... Cette ville est sublime et c'est peut-être la seule, avec New-York, à être à ce point ancrée dans l'inconscient collectif : elle est dans tellement de grands films! (bon, d'accord, elle est souvent détruite par les extra-terrestres). Pas de bâtiments hauts ; c'est une ville basse mais aérée, verte, tellement agréable.
Nous nous sommes perdus pendant des heures dans l'incroyable musée de l'Air et de l'Espace, où nous avons notamment touché un morceau de lune et observé des objets ayant voyagé à bord des différentes fusées Apollo. Nous aurions pu y passer trois jours... et il nous reste tant de musées à faire! Le voyage s'est vraiment terminé en beauté.


Concours d'imitation de Donald Trump.


Le Washington Monument


Le Lincoln Memorial


La grande équipe de sportifs que nous sommes!

Ma première conférence de presse.

Les toilettes de l'espace
(on en apprend des choses, dans les musées)

Un ancien cosmonaute nous présente le véhicule
conçu pour aller sur Mars!


Le bâtiment principal du Smithsonian, qui est en fait
l'ensemble de musées...
avec derrière, la tempête qui arrive!

Dur, dur de rentrer à la maison après tout ça. Mais heureusement, la maison, c'est Montréal! Ca rend les choses moins sinistres...
Arrivés affamés à minuit, nous avons trouvé refuge à la Banquise, le restaurant de poutines ouvert 24/24h. Ca console!

Et puis, oui, Deborah, Thomas et Adeline devaient repartir, mais Adeline (encore une, oui!) et son amoureux Michel prenaient la suite - nous n'avions pas encore le temps d'être tristes.
De toutes façons, cet article étant déjà bien trop long, la suite des vacances (au Québec, cette fois) sera pour la prochaine fois. On va s'arrêter sur les Etats-Unis pour l'instant... En tous cas, vous êtes tous invités à y retourner avec nous, héhé, il reste tant à faire!