Bon, ne dites rien, nous en sommes conscients : ce blog est légèrement en retard... très légèrement!
Il s'est passé tellement de choses depuis l'été dernier... divers voyages à travers le Québec, un week-end à New-York, deux semaines extraordinaires au Mexique, des nuits au bord du Pacifique, dans des bulles dans la forêt ou dans d'incroyables chalets, des randonnées à pied et en canot, des bélugas, des tortues, des iguanes et des ours, des gens merveilleux, partout, tout le temps, et puis des couleurs, surtout - de l'automne canadien à la Fête des Morts mexicaine!
Nous sommes rentrés en France pour Noël et avons tout de même eu la chance de (presque) tous vous revoir ; nous avons pu vous raconter bon nombre d'histoires, d'aventures insolites, de petites anecdotes et de moments magiques.
Peut-être prendrons nous le temps un jour ce consigner tout cela sur ce blog, ne serait-ce que pour vous montrer quelques photos. En attendant, nous avions envie de partager avec vous une petite expérience purement québécoise, une journée magnifique que nous avons particulièrement aimée... Parce que oui, nous découvrons encore beaucoup de belles choses!
Début janvier, nous avons donc eu la visite de trois amis : Marvin, Kevin et Adeline. Adeline, qui est par ailleurs déjà venue cet été, et qui, après mûre réflexion et dix jours ici, a décrété que l'hiver était encore plus génial (au cas où vous en doutiez encore!)
Nous avons fait les inévitables (et non moins géniales) visites au lancer de haches, aux glissades sur tube (luge sur chambres à air), aux restaurants de poutine... Mais nous en avons également profité pour tester la pêche blanche, ou pêche sur glace!
Rendez-vous donc au parc écologique de la rivière des Mille Îles, au Nord de Montréal. On y accède par la petite ville de Ste Rose. Là, au bord de l'eau, un centre d'accueil et une patinoire ; et, sur la rivière gelée, entre les îles, quelques petites cabanes en bois colorées. C'était particulièrement joli!
(à noter qu'à l'accueil, on vous prête un traîneau - en fait, une grosse luge - pour charger vos affaires et les traîner jusqu'à votre cabane. Vraiment rigolo!)
| Notre cabane au Canada (avec le traîneau sur le côté) |
Pour un tarif plus que raisonnable (100 dollars la journée), vous avez alors accès à un "chalet" en bois pour la journée (jusqu'à six personnes), des raquettes si vous désirez aller randonner sur les îles ou sur la rivière, des patins à glace, mais aussi... votre propre "instructeur"! En l'occurrence, Mickaël, un Québécois absolument adorable ayant à peu près notre âge. Après avoir percé dix trous pour nous dans la neige à l'aide d'une tarrière (bim, la moitié d'entre vous vient d'apprendre un mot), il a mis le matériel en place et nous a tout expliqué, des appâts à la technique de pêche, en passant par la faune locale. Ce qui est bien, c'est qu'il nous laisse tout de même assez seuls, ne passant que de temps en temps pour voir si tout se passe bien ; surtout, il est là pour nous aider à vider et à préparer le poisson en fin de journée! Bref, un forfait très complet et franchement bien pensé.
Il a neigé toute la journée, et le vent était assez fort. Bref, des conditions un peu difficiles quand les trous sont à l'extérieur, et pas dans la cabane... mais nous étions très fiers de nous et de nos aptitudes de coureurs des bois, haha!
Quand le froid devenait trop intense pour les extrémités (dur dur pour les mains et les pieds), hop! Un petit tour dans la cabane, pour se réchauffer auprès du poêle.
La cabane qui, soit dit en passant, était bien faite : hormis le poêle, on y trouve une table, des bancs mais aussi différents posters et brochures contenant plein d'explications sur la pêche, la faune et la flore locale, mais aussi l'hypothermie ou l'épaisseur de la glace...!
La matinée a commencé sur les chapeaux de roue, avec la capture, par Mickaël, d'un necture : une sorte de salamandre, dont vous pouvez trouver la description ici : http://espacepourlavie.ca/faune-biodome/necture-tachete
Après l'avoir tous salué (oui, nous sommes polis, nous lui avons serré la patte et tout), nous l'avons remis à l'eau (glaciale!)... puis... rien. Rien! De toute la matinée. Dur dur...
Ce n'est pas faute de nous être appliqués! Accroupis au bord de nos trous, nous surveillions nos lignes, agitions nos appâts (de petits poissons morts - c'est en effet interdit de pêcher avec des poissons vivants), nous veillions à bien enlever la glace qui se formait rapidement à la surface (à l'aide d'une sorte de grosse louche), et surtout, nous ne lâchions pas nos brimbales des yeux! (la brimbale, c'est la potence sur pivot qui fait office de canne, et qui penche en avant si un poisson mord). Mais rien. Quelques touches, mais rien de concret...
Nous avons pique-niqué au coin du feu dans notre petite cabane, en ne quittant pas les lignes des yeux. Elles étaient désespérément immobiles...
Et puis, après manger, Marvin décide d'aller faire un tour dehors. Il a l'impression qu'un des fils bouge, alors il l'attrape pour voir, et sent comme un gros poids au bout... il se met donc simplement à tirer et sort un énorme brochet de cinquante centimètres. Paf, comme ça!
Marvin était bien sûr le seul d'entre nous qui n'avait jamais pêché et, ironie du sort, c'était également celui que l'activité motivait le moins! La chance du débutant, comme on dit...
Nous l'avons mis, sur les consignes de Mickaël, dans notre seau (le brochet, pas Marvin, hein), avec un peu de glace (mais pas trop : il fallait qu'on puisse le découper en fin de journée, donc qu'il ne soit pas congelé).
Environ une heure plus tard, Kevin a réussi, à son tour, à sortir un poisson: une belle perchaude! (une perche, en fait, avec sa nageoire dorsale piquante caractéristique).
Et ce furent malheureusement nos deux seules prises de la journée - Adeline ayant pourtant longuement tenté, avec Mickaël, d'attraper un poisson particulièrement taquin. (non, vous ne me ferez pas dire que Mickaël a longuement joué avec le trou d'Adeline!)
Nous étions heureux pour les garçons : nous, nous pouvons y retourner, nous aurons d'autres occasions. Un peu déçus pour Adeline, forcément, mais nous ne doutons pas qu'elle reviendra une troisième fois (ne serait-ce que pour goûter la poutine aux macaronis que nous avons découverte hier, mais ceci est une autre histoire)!
Et puis, sur les quatre animaux dont on nous avait parlé (l'amphibien, et trois espèce de poisson), nous en avons eu trois. Le prof de bio qui sommeille en nous était donc très content!
En fin de journée, comme promis, Mickaël nous a montré comment préparer les poissons, et nous sommes repartis avec de beaux filets.
C'était facile pour la perchaude (chlak, tête tranchée, puis hop, on l'ouvre en deux et on prend les filets, normal), mais assez compliqué pour le brochet, qui a vraiment des arrêtes dans tous les sens. Et le pauvre est resté vivant jusqu'au bout (et je peux vous dire que lui, on ne lui a malheureusement pas coupé la tête...).
Pour l'anecdote, des enfants curieux qui passaient par là avec leur famille ont demandé à assister à tout cela avec nous. L'histoire ne dit pas s'ils en rêvent encore la nuit, mais en tous cas, le petit (qui parlait allemand) répétait beaucoup le mot "tote" (mort, donc), ce à quoi nous répondions rapidement "oui oui oui il est mort t'inquiètet pas!" avant de détourner rapidement le regard d'un air gêné...
Bref, même en tenant compte du paragraphe précédent, ce fut une très belle journée, et nous avons hâte d'y retourner et de pêcher... ouhla, au moins 3 poissons!
NB : le brochet, c'est vraiment délicieux, en fait.
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