mercredi 15 mars 2017

Québec City - Jour 2 : Balto, Croc-Blanc et compagnie!

En cette seconde journée à Québec, nous nous réveillons avec une seule idée en tête: réaliser un de nos rêves d'enfant, à savoir FAIRE DU CHIEN DE TRAÎNEAU !!!


Je me dévoue pour appeler la société la plus intéressante niveau distance et prix, parce que Jennifer a peur de se faire rire au nez. En effet, réserver une demi-journée de chiens de traîneau seulement trois heures avant de débarquer, ça peut paraître inconscient. Mais ce jour là, les dieux nordiques nous avaient à la bonne car il restait exactement deux places pour l'expédition, yay! 

Nous quittons Québec direction Saint-Etienne de Lauzon, avec Denis le taxi pétomane (on y reviendra à la fin de l'article), qui nous explique que l'hiver dans certains virages "les chars se font tout' pogner par le radar photographique" (parce que les radars sont de la même couleur que la neige).

Nous arrivons enfin à Inukshuk Aventure. Le sol glacé du parking nous oblige à marcher comme des pingouins et nous fait présager le pire pour les glissades à venir. Nous entrons dans un chalet qui sent le feu de cheminée ; nous sommes accueillis par le couple qui dirige l'établissement, qui invite notre groupe (un couple d'anglophones, une famille de québécois, et nous!) à passer par la porte de derrière afin d'aller faire connaissance avec nos nouveaux amis pour l'après-midi. Et là, notre cerveau se met à fondre. Environ cent cinquante huskies en manque de papouilles nous attendent, aboient et font des bonds pour nous souhaiter la bienvenue. Impossible de résister à ces petits chienchinous! Nous avançons à travers les rangées de niches, en prenant soin de bien caresser chaque animal sous peine d'avoir le coeur brisé à jamais. Tous ont des noms différents, des bouilles différentes, des personnalités différentes, et nous passons une demi-heure à faire la connaissance de chacun d'entre eux.


Tire, Forrest, tire !


Snoopy version husky.



L'heure est ensuite à la formation. Car contrairement à pas mal d'endroits qui proposent des sorties en traîneau à chiens, ici, ils laissent les gens piloter eux-mêmes! En seulement cinq minutes, notre guide nous donne les bases pour survivre durant la balade. Le type nous assure que tout va bien se passer tandis qu'on réalise que ça va être du sport extrême!

Notre bolide.

Cinq chiens sont attachés à notre traîneau : Volk, Magnum, Neige, Scotch et Zeus! Nous sommes le dernier traîneau de la caravane, ce qui n'est pas plus mal parce que ça veut dire qu'on pourra aller à notre rythme. Un des employés me conseille de conduire en premier et d'échanger avec Jeff à mi-parcours, car les chiens sont très excités en début de course. Jeff s'assied donc dans le traîneau et je me place à l'arrière, les deux pieds bien appuyés sur le frein (grosse griffe en métal EXTRÊMEMENT UTILE qui se plante dans le sol). Les chiens sentent que le départ est proche et tirent de plus en plus, pleurnichent et commencent à se battre entre eux. On détache la corde des arbres, le traîneau de tête démarre, puis les suivants. Je relâche le frein et n'ai même pas temps de hurler un signal aux chiens qu'ils démarrent en trombe pour rattraper le cortège.


Et c'est parti mon huskiky !


Première impression : C'EST GÉNIAL !
Deuxième impression : C'EST SUPER DUUUUR !
Le guide nous avait prévenus, les conditions météo sont très favorables aux chiens mais beaucoup moins pour nous. En effet, le sol est glacé, ce qui permet au traîneau de glisser beaucoup plus facilement (et BEAUCOUP PLUS VITE), mais la glace a aussi pour effet de rendre le traîneau très difficilement manoeuvrable. En gros, nous sommes sur un bout de bois qui va à mille à l'heure, accrochés à cinq loups déchaînés, et le fait de se pencher à droite ou à gauche n'influe absolument pas sur la trajectoire. Ce sont les chiens qui décident, et tout ce qu'on peut faire pour leur montrer qui est le maître, c'est d'utiliser le frein pour ralentir dans les pentes, pour négocier les virages ou pour stopper net quand le traîneau de devant s'arrête.




Nous passons par des sentiers de forêt et par de grandes plaines enneigées. Nous longeons aussi (le regard inquiet) des ravins et des ruisseaux. La plupart du temps, la piste est vraiment très marquée, la neige sur les bords sert de butoir et remet le traîneau dans le droit chemin en cas de zigzag , et il y a très peu de risques de percuter un arbre ou de tomber dans l'eau. Mais lorsque nous traversons des plaines bien dégagées, chaque virage est une aventure, le traîneau glissant vers l'extérieur avec la force centrifuge ; il faut savoir doser du frein pour se remettre dans le droit chemin. Jeff et moi sommes d'accord sur le fait que nous avons rarement serré un truc aussi fort que ce $*@&# de traîneau ;)




A mi-parcours, on intervertit, et Jeff prend les rênes. Elle confirme que c'est très sportif mais prend ses marques très rapidement. Sa conduite me met en confiance et je profite du reste de la balade bien assis dans mon traîneau en prenant des photos!





Ce qu'il faut savoir également, c'est que les chiens ne sortent de leur parc QUE pour les excursions. Le guide nous a prévenus avant le départ : si on s'aperçoit qu'un chien a envie de faire caca, il faut s'arrêter pour lui laisser le temps de faire son affaire parce que (je cite) "je ne sais pas si vous avez déjà essayé de faire caca en courant, c'est compliqué donc on évite... enfin, sauf une fois au Mexique mais on va pas en parler". Nous avons fait une petite pause-caca en début de parcours pour Magnum, et c'est bien normal, mais ensuite, nous avons eu droit à un festival offert par Neige (en milieu d'attelage), qui devait être Mexicaine parce qu'elle pondait des trucs en courant sans prévenir et sans essayer de s'asseoir. C'est peut-être le seul petit point négatif de la balade. Parce qu'en plus de ça, il faut imaginer tous les petits cadeaux de tous les autres attelages devant nous. Il faut le savoir, faire du chien de traîneau, c'est comme faire du cheval : il faut accepter que parfois, ça sente la merde.



De retour au chalet, nos braves chiens sont épuisés mais heureux. Nous les félicitons en les "cracrapougnant" (cracrapougner : v. action de caresser et de gratouiller affectueusement). Au revoir les amis, nous avons passé grâce à vous un moment inoubliable!




Nous rentrons à l'intérieur nous réchauffer avec un bon chocolat chaud et des bons beignes. Nous discutons des chiens avec le monsieur qui dirige l'affaire. Il nous montre l'incroyable photo de son mariage, sur laquelle on le voit arriver à la mairie avec sa femme EN TRAÎNEAU! Nous discutons aussi des conditions de vie des chiens. Car c'est une des choses qui nous a marqués en arrivant sur les lieux (et on ne vous montre la photo que maintenant parce qu'on ne voulait pas démarrer l'article avec ça) : le parc à chiens a des airs d'Auschwitz, et nous voulions savoir pourquoi.


Ca peut paraître drastique, mais le problème avec les huskies, c'est qu'ils vivent en meute, avec des dominants et tout un tas d'autres personnalités, et qu'on ne peut pas gérer cent cinquante chiens en liberté. Il suffit qu'un seul chien se défasse de sa laisse pour que les cent quarante neuf autres deviennent fous. Ils se battraient et se blesseraient sans cesse afin de savoir qui est le chien dominant, et surtout, le chien qui perd le combat ne pourrait pas quitter la meute puisqu'ils sont en lieu clos. Au lieu de ça, les chiens sortent de l'enclos au moins une fois par jour pour les balades en traîneau. Ça explique leur fougue et leur enthousiasme. Et lorsqu'ils sont trop vieux pour courir, les chiens à la retraite sont adoptés par des familles (avis aux amateurs).


Voilà, c'était notre aventure canine dans le Grand Nord. Gros bisous les loups-loups !



PS (comme promis) : sur le chemin du retour, dans la voiture, Denis-le-taxi nous conseille de bons restaurants traditionnels ; nous commençons à parler nourriture et il évoque la soupe de pois, qui fait "jouer de la trompette". Peut-être aurions-nous dû lui dire qu'il était inutile de péter pour que l'on comprenne!
(arrête de nier, Denis, on a très bien senti!)

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